À propos de Salammbô

Les Amis de Flaubert – Année 1962 – Bulletin n° 21, page 7

 

À propos de Salammbô

 

« … Flaubert ne se doutait guère sans doute, lorsqu’il décida, en 1857, de se plonger dans une société morte et presque inconnue, dont la barbarie rutilante le vengerait des médiocrités conformistes, qu’il allait enrichir d’un nouveau thème la mythologie historique de cette bourgeoisie même qu’il voulait scandaliser. Cependant, si le Français de culture moyenne éprouve pour sa civilisation une curiosité sympathique, c’est essentiellement, on pourrait même dire uniquement à cause de Salammbô... »

G.-C. Picard.

(Flaubert, Carthage et l’archéologie contemporaine).

(Revue de Paris, juin 1956).

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« Carthage est donc morte sans postérité spirituelle, sans même laisser un trésor artistique que la pioche rendrait un jour, faisant revivra dans l’humanité lointaine la pensée et le sentiment des morts. Depuis un siècle seulement, s’est formé un véritable mythe punique, né de cet attrait qu’exerce le mystère des civilisations disparues. Carthage pour beaucoup de nos contemporains, c’est la terre perdue, l’utopie engloutie comme l’Atlantide dans son inexplicable catastrophe. C’était pour Flaubert une société rutilante et barbare, dont il se plaisait à ciseler les raffinements et à accentuer les cruautés, pour se venger de la platitude et du conformisme de Bouvard et Pécuchet».

G.-C. Picard.

(Le Monde de Carthage, Paris, Corréa, 1956, p. 85).

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« Ô Carthage punique, tu règnes pourtant toujours sur cette seule mer d’azur dont les flots — depuis ces bords embaumés de l’Afrique jusqu’aux Cyclades écumeuses et de la Conque d’Or jusqu’aux promontoires rocheux de l’Attique — reflètent en leurs mouvantes moues le souvenir des antiques épopées et la légende dorée des Héros et des Dieux et dont les rivages retentissent encore des formidables échos du passé ! »

A.-L. Deplenne. Tunis — 1954.