La nouvelle statue de Flaubert

Les Amis de Flaubert – Année 1965 – Bulletin n° 27 – Page 3

 

La nouvelle statue de Flaubert

Éditorial

Sauf la statue équestre de Napoléon, pourtant fondue avec les canons pris à Austerlitz, toutes les statues en bronze de la ville de Rouen, avaient été déposées et enlevées par les troupes allemandes d’occupation. Celle de Corneille, œuvre de David d’Angers, a pu être récupérée par la Résistance et bien cachée. Elle a été remontée sur la petite place du nouveau Théâtre des Arts. Celle de Flaubert, envoyée ailleurs, a été certainement brisée et fondue.

Il n’y a donc plus de statue de Flaubert à Rouen, alors qu’il y en a une à Barentin, près du viaduc et, à Trouville, près du Casino, répliques de celle de Rouen. Rouen retrouve aujourd’hui celle de Flaubert. Elle n’est pas remise à son ancienne place, près de l’ancienne église Saint-Laurent, qui abrite le Musée de ferronnerie Le Secq des Tournelles, mais sur la place des Carmes qui fut jusqu’à ces dernières années, le marché aux fleurs de la ville.

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Plusieurs Rouennais, amis de Flaubert, auraient été heureux de la voir réédifier plus près de son ancienne place et de la bibliothèque municipale. Il leur semblait que dans le square Verdrel, le long de la rue Thiers, ou en face, avenue Eugène-Delacroix, la nouvelle statue de Flaubert aurait été mieux à sa place et près du lieu où la stèle de Chapu, reléguée dans les réserves du Musée, avait été posée en 1890. La statue de Berstamm, qui a su si bien saisir l’allure athlétique de Flaubert, sera reposée au cours des prochaines semaines sur la place des Carmes. Il fixera ainsi pour l’éternité, la flèche de la Cathédrale, qui l’indisposait quand elle n’était pas terminée. La place n’évoque aucun souvenir particulier. Il est possible qu’il l’ait traversée de temps à autre, lorsqu’il se rendait au Lycée par la place de l’Hôtel-de-Ville. Il est vrai que sur cette place se trouvait l’Hôtel des Postes et qu’en partaient les diligences, pour Paris, avant la création des chemins de fer.

Nous aimerions que la stèle de Chapu soit remise quelque part. C’est peut-être au carrefour de la route qui mène à Croisset, que touristiquement elle serait la mieux placée.

Ainsi Rouen, retrouve peu à peu, sa physionomie d’avant-guerre, et nous sommes satisfaits, dans une certaine mesure que Flaubert y retrouve en statue, son droit de cité.

André Dubuc.

027_003bHenri Chapu – 1890