En Russie, un billet inédit de Flaubert

Les Amis de Flaubert – Année 1968 – Bulletin n° 33, page 45

 

Un billet inédit de Flaubert en Russie

 

Dans la section des manuscrits de l’Institut de la littérature russe (Maison de Pouchkine) de l’Académie des Sciences de l’URSS à Léningrad, à côté de la collection complète des manuscrits d’Alexandre Pouchkine, à côté des autographes de Michel Lermontov, Nicolas Gogol, Jean Tourgueniev, Théodore Dostoïevski, Alexandre Block, et de beaucoup d’autres écrivains russes, sont conservés bon nombre de documents des plus précieux pour l’histoire des littératures des pays d’Europe occidentale, et particulièrement de la littérature française. Parmi ces documents, des lettres de Voltaire et Diderot, Madame de Staël, Mérimée, Hugo, Balzac, Zola et Daudet.

Il existe également, dans cette remarquable collection, un autographe de Gustave Flaubert (R.I., op 41, n° 79). C’est une lettre, ou plus exactement une note à l’un des participants à la mise en scène, au Théâtre du Vaudeville, de sa pièce Le Candidat. (A ce sujet, voir : J. Canu, L’œuvre dramatique de Flaubert. « Revue d’Histoire littéraire de la France » 1932 pp. 6062).

Le 5 décembre 1873, le directeur du Théâtre du Vaudeville, Léon Carvalho rappelait Flaubert par télégramme de Croisset à Paris. « Venez, écrivait-il, commençons immédiatement répétitions » (G. Flaubert, Correspondance. Supplément 3, p. 109).

Le lendemain, Flaubert était déjà à Paris. Le 11 décembre, il faisait connaître la pièce aux acteurs, et, peu après, commençaient les répétitions. Au début, celles-ci allaient avec intensité et succès. « Les gens du Vaudeville sont charmants » écrivait Flaubert à George Sand le 7 février 1874. Mais, dans la dernière décade de février 1874, la préparation du spectacle était interrompue par suite de la maladie de l’interprète du premier rôle, Edmond-Léopold-Emile Delannoy. Au sujet de la maladie de Delannoy, Flaubert écrivait à ce moment à Caroline Commanville : « Le Candidat est arrêté par la grippe de Delannoy ! II a dit à Emile (1) (qui vient d’aller chez lui) qu’il espérait reprendre les répétitions mercredi ou jeudi (2) je n’en sais plus ! La pièce se désapprend. C’est déplorable ». (G. Flaubert. Correspondance. 7e série, p. 120).

Une indisposition de Delannoy est également mentionnée comme une des circonstances ayant retardé la « première » dans la lettre à George Sand du 28 février 1874 (ibidem p. 121). Il est question de la maladie de Delannoy également dans la lettre citée plus bas, et qui, en corrélation avec les lettres déjà citées, peut être datée du 21 février 1874.

Voici son texte :

« Une indisposition de Delannoy fait qu’il n’y aura pas aujourd’hui de répétition ».

Samedi 10 h.

G. Flaubert.

P. Zaborov,

Institut de la Littérature russe

(Maison de Pouchkine) Leningrad URSS.

 


 

(1) Il est question du valet de l’écrivain : Emile Collange.

(2) C’est-à-dire 25 ou 26 février 1974.