Flaubert et Zola

Les Amis de Flaubert – Année 1970 – Bulletin n° 37  – Page 45

 

Zola et Flaubert

Au cours d’une communication donnée à l’Académie des Sciences Morales et Politiques, sur les aspects sociaux de l’œuvre d’Émile Zola, M. Pierre Paraf, invité par celle-ci, a déclaré en réponse à une question de M. Pierre Clarac (Revue des travaux de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, 1969 (1) p. 331) : « Il y a beaucoup d’affinités doctrinales entre Taine et Zola : mêmes conceptions de l’influence du milieu, de l’hérédité. Zola a rencontré Taine. Mais je ne cache qu’il ait éprouvé pour lui une admiration, une amitié particulière. Était-ce pour des raisons d’ordre « normalien » ? L’impression de M. Clarac est fort vraisemblable. Car Zola se défiait des universitaires titrés. Au contraire, en ce qui concerne Flaubert, je me permettrai d’être beaucoup plus affirmatif. Zola a aimé Flaubert. Il l’a constamment admiré. Il a été bouleversé par sa mort. Il s’est considéré, sinon comme son disciple, encore que les manuels d’histoire littéraire tiennent le naturalisme pour la suite du réalisme, du moins comme son ami. Il n’a pu manquer d’être séduit par le côté révolté, « antibourgeois » de Flaubert, par son insurrection anticonformiste qui était aussi la sienne. Mais le romantisme passionné de Zola, sa sensibilité profonde, le détournaient de ce réalisme froid et rigoureux qui caractérisent certaines des œuvres de Flaubert. »

**