Vendredi 6 décembre 2019, Flaubert/Sand

Vendredi 6 décembre, Hôtel littéraire Flaubert, Rouen, 18h

Rencontre avec Danielle Bahiaoui et Agnès Desarthe, animée par Véronique Bui, sur la correspondance entre George Sand et Flaubert, Tu aimes trop la littérature, elle te tuera (Le Passeur, 2018)

Samedi 30 novembre 2019, actualités

Attention: changement d’horaire. La séance de l’après-midi commence à 14h. 

Samedi 30 novembre, Hôtel des sociétés savantes, Rouen, 9h30-17h
Actualité de la recherche et des publications sur Flaubert et Maupassant

Matin
9h30. Juliette Douillet (doctorante), « Flaubert et Baudelaire : le choc de la modernité »
10h. Léopold Reigner (docteur), « Le Flaubert de Nabokov : entre hommage et appropriation »
10h30. Pause
11h. Corinne Trichet (docteur), « Les écrits de Flaubert dans Madame Bovary, L’Éducation sentimentale, Bouvard et Pécuchet, avec l’étude d’un cas particulier : les instruments de l’écriture de “l’homme-plume” »

12h Déjeuner au restaurant In situ

Après-midi
14h. Philippe Rouyer, « Réflexions à partir du récit d’une traversée de Dieppe à Newhaven : La visite aux parents dans Bel Ami et Minnie Brandon, de Léon Hennique »
15h30. Daniel Fauvel et Hubert Hangard présentent Fortune et Infortune des Flaubert, t. 1 de Nicolas Flobert à Achille Cléophas Flaubert (Wooz Éditions, 2019)
– Daniel Fauvel, « Les revenus d’Achille Cléophas Flaubert »
– Hubert Hangard, « Le testament d’Achille Cléophas Flaubert »
–  Daniel Fauvel, « L’affaire Ferdinand Delamare a-t-elle inspiré Flaubert ? »

12 octobre 2019 : Femmes à Martainville

Nous nous retrouverons pour la première fois cette saison le samedi 12 octobre, non pas aux Sociétés savantes comme d’habitude, mais au Château de Martainville.
Le matin, à partir de 10h, nous visiterons avec un guide conférencier (prévoir 4 euros) l’exposition « Femmes, je vous aime. Etre une femme en Normandie du XVIIIe au début du XXe siècle ».
Et l’après-midi, les Amis de Flaubert et de Maupassant organisent sur place deux tables rondes, sur le même thème, dans la vie et l’œuvre de nos auteurs, à 15 h sur la biographie, à 16h sur les  œuvres, avec Véronique Bui, Daniel Fauvel, Hubert Hangard, Marlo Johnston, Françoise Mobihan, Joëlle Robert, Yvan Leclerc et, sous réserve, François Vanoosthuyse.
Celles et ceux qui le souhaitent pourront déjeuner à Ry, au restaurant « Le Flaubert ». Il est impératif de réserver car le nombre de places est limité. Veuillez me faire savoir rapidement si vous souhaitez être inscrit.e (repas autour de 20 euros).

11 octobre 2019 : annulation de la rencontre

Notre premier rendez-vous de la nouvelle saison 2019-2020 devait avoir lieu à l’Hôtel littéraire Flaubert, le vendredi 11 octobre à 18h. Malheureusement, Jeanne Bem ne pourra pas être avec nous ce soir-là, et elle le regrette autant que nous. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement. Ce n’est que partie remise: elle viendra nous parler de Louise Colet au printemps 2020.

Samedi 8 juin 2019 – Louis Bouilhet à Cany-Barville

Ville de Cany-Barville

Médiathèque « Les Semailles »

Célébration du 150e anniversaire de la mort de Louis Bouilhet

Samedi 8 juin 2019

– 10h00 : Accueil des participants à la médiathèque

– 10h30 : Spectacle théâtral : « Le cœur à droite, acte I » de Louis Bouilhet
avec « Divers Gens » et Evelyne Arondel,
des lectures de poèmes, par Sylvie Desboeufs et Florence Jaspart

– 12h à 12h30 : Remise du prix Louis Bouilhet par Monsieur le Maire de Cany-Barville
avec lectures des poèmes du lauréat, suivi d’un verre de l’amitié

– 13h00 : Repas à la salle du Clos Saint Martin avec les participants de cette journée (avec diffusion en diaporama des photos de la remise du Prix Louis Bouilhet de 2009 et 2014)

– 15h30 : À la salle du clos Saint Martin, conférences :

– Marie-Françoise Rose : L’exposition Louis Bouilhet à la Bibliothèque municipale de Rouen en 1869. Power point présenté par Céline Arlay

– Daniel Fauvel, président honoraire des Amis de Flaubert et de Maupassant : Louis Bouilhet, Gustave Flaubert et Ferdinand Delamare

16h30 : Séance de dédicaces
Daniel Fauvel dédicacera son livre Fortune et Infortune des Flaubert et présentera l’ouvrage L’affaire Delamare a-t-elle inspiré Flaubert ?

17h: Balade littéraire dans Cany-Barville animée par Daniel Fauvel et lecture de poèmes par le Conseil Municipal des Enfants

Découverte des propriétés de la famille Bouilhet
Itinéraire proposé : salle du Clos Saint-Martin, le buste de Louis Bouilhet au monument aux morts, la maison Louis Bouilhet, la Rue de la Filature (Louis Bouilhet était propriétaire de plusieurs maisons dans cette rue), la propriété de ses parents, retour à la salle pour un café.

*************

Exposition

Dans la salle du Clos Saint Martin, l’exposition sur Louis Bouilhet de Monsieur Galinier (6 panneaux), sera visible le samedi 8 juin, pendant le repas, et ouverte à tout public à 15h30 pour la conférence. Cette exposition sera visible également tout le mois de juin à la médiathèque.

Samedi 11 mai 2019, rencontre-lectures: Maupassant et Ribes

Samedi 11 mai 2019, 14 h, Hôtel des Sociétés Savantes

190 rue Beauvoisine 76000 ROUEN

Le pôle de ressources loisirs, culture, handicap du GIHP Normandie, l’Association des Amis de Flaubert et Maupassant et l’Association Le Lire et Le Dire proposent avec leurs donneurs de voix bénévoles des lectures à voix haute.
Interprétations en LSF par la SCOP Liesse en faveur des personnes sourdes
Vidéo réalisée bénévolement  par Xavier Dégremont, Scénariste.
Ponctuation (en)chantée avec Mathilde.

« Amour et mariage, entre alcôve et gros sous »
d’après des nouvelles de Guy de Maupassant
« Agence aventure » de Jean-Michel Ribes

14 h.  Accueil en musique et chansons
Ouverture par Muriel Homo, Directrice du GIHP Normandie et par Yvan  Leclerc, Président des Amis de Flaubert et Maupassant
Évocation de Guy de Maupassant par Gilles Cléroux

Musique et chansons

Introduction des nouvelles par Joël Dupressoir, écrite d’après Hautot père et fils, et intermèdes par J. Dupressoir et Gilles Cléroux
« La Correspondance », lectrices Yvonne Aubin Vasselin et Nathalie Carpentier
« Le Legs », lecteurs Maria Léovant, Sana Djoubri, Fréderic Doré, narratrice Mireille Teule
« Au bord du lit », lecteurs Joëlle Robert et Gilles Cléroux
« Sauvée », par des lectrices et lecteurs de l’association « Le Lire et Le Dire »

Musique et chansons

Saynète théâtralisée : « Agence Aventure », interprétée par Muriel Homo, Sana Djoubri et Frédéric Doré, présentée par Mireille Teule, narratrice et comédienne

Chansons en musique avec  Mathilde, Jean Baptiste et…

Partage du Verre de l’Amitié

Voyage d’étude dans le Paris de 1848, 12 mai 2019

Le voyage annuel des Amis de Flaubert et de Maupassant aura lieu le dimanche 12 mai 2019.
Nous visiterons le Paris de 1848, en compagnie de deux guides nommés Flaubert et Du Camp, avec L’Éducation sentimentale dans une main et les Souvenirs de 1848 dans l’autre.
Notre itinéraire suivra à peu près la chronologie des événements : Panthéon, Boulevard des Capucines, Place de la Madeleine (et la rue Tronchet, bien sûr !), le Palais-Royal (où se trouvait le Château d’eau), les Tuileries et l’Hôtel de Ville.

Chaque arrêt donnera lieu à un point d’histoire et à des lectures extraites de L’Éducation sentimentale (le premier chapitre de la 3e partie, que nous vous invitons à relire) et les Souvenirs de 1848, lectures préparées ou improvisées sur place par celles et ceux d’entre vous qui aiment lire.
Le déjeuner aura lieu « Au général Lafayette », 53, rue Lafayette, dans le 9e.

Il est possible de partir de Rouen ou de rejoindre le groupe à Paris.
Horaires de départ de Rouen et de la banlieue :
7h30 à Mont-Saint-Aignan (parking du CRDP, près de la piscine)
7h40 à Bois-Guillaume, Mairie (arrêt de bus près de l’agence LCL)
7h45 à Rouen – Beauvoisine (arrêt de bus Beauvoisine, 50 Bd de l’Yser)
7h50 à Rouen-Gare SNCF (arrêt du futur T4 devant la Poste, bld de la Marne)
[Retour à Rouen à 19h]

Les « Parisiens » nous rejoindront devant le Panthéon à 10h30.

Pour vous inscrire veuillez
1) envoyer un message à amis.flaubert.maupassant@gmail.com en précisant le nombre de personnes intéressées et en donnant impérativement un numéro de portable (au cas où on se perdrait…)
2) indiquer si vous prendrez le car à Rouen (et à quel endroit) ou si vous attendrez au Panthéon
3) envoyer aux Amis de Flaubert et de Maupassant, Hôtel des Sociétés Savantes 190, rue Beauvoisine, 76000 Rouen,
‒ un chèque de 70 euros pour un départ de Rouen (40 euros de car + 30 euros de repas)
‒ ou un chèque de 50 euros si vous êtes à Paris (20 euros de car + 30 euros de repas)

Pour des raisons d’assurance, il est impératif d’être adhérent.e à l’Association pour s’inscrire au voyage.
L’idée de ce voyage nous a été suggérée par Michel Lambart, en raison du 150e anniversaire de la publication de L’Éducation sentimentale. Dans la préparation du voyage, il est aidé par Jean-Luc Brière, Arthur Duval (étudiant en histoire à la Fac de Rouen) et Yannick Marec.

Au plaisir de vous retrouver pour cette promenade dans le temps…

Flaubert, Bouilhet, Malot, Maupassant  – l’École de Rouen

Flaubert, Bouilhet, Malot, Maupassant – l’École de Rouen –

Journée d’étude organisée par les associations des Amis d’Hector Malot et des Amis de Flaubert et de Maupassant

Samedi 23 mars 2019 – Hôtel des Sociétés savantes, 190 rue Beauvoisine, Rouen

Entrée libre et gratuite

L’École de Rouen : si cette dénomination s’applique généralement à un groupe de peintres impressionnistes rouennais, elle a également été utilisée, tantôt sérieusement, tantôt ironiquement, pour désigner les nombreux jeunes écrivains et publicistes ralliés autour de Flaubert mais aussi de Bouilhet, dont Hector Malot fut très proche. Au même moment, Eugène Noël, ami de Michelet, Levallois et Malot, parlait également d’École de Rouen à propos des hommes de science groupés autour du Dr Pouchet, dont tous les Rouennais, littérateurs en tête, prirent le parti dans sa mémorable controverse avec Pasteur autour de la question de la « génération spontanée ». C’est cette ambition rouennaise de concurrencer la capitale dans le domaine des lettres et des sciences qui sera envisagée lors de cette journée.

Matinée

9h30. Accueil et présentation de la journée, par Francis Marcoin et Yvan Leclerc

10h. Francis Marcoin, L’École de Rouen : une chimère à deux visages

11h. Joëlle Robert, L’École de Rouen dans la Revue de Rouen, à partir de 1833 : une École de Rouen avant l’École de Rouen

11h30. Christa Delahaye, Madame de Montarcy de Louis Bouilhet (1856): Bouilhet, Flaubert et les quarante Rouennais

Après-midi

14h30. Yvan Leclerc, La notion d’École de Rouen dans la réception critique des œuvres de Flaubert

15h. Agnès Thomas-Vidal, « Être de la même coterie » –  Les mémoires d’un critique du « petit » Levallois (1895)

Avec l’aide de la Ville de Rouen, du département de Seine-Maritime et du CNL

Résumés

Francis Marcoin, L’École de Rouen : une chimère à deux visages

Cette intervention vise à donner une idée générale de la question, en insistant sur la réputation de dynamisme, voire d’activisme, des jeunes Normands et Rouennais au moment de la parution de Madame Bovary. Cette idée revient constamment dans la presse, qui se plaît à parler d’école rouennaise, dont le chef de file pour le roman serait Gustave Flaubert et pour le théâtre et la poésie Louis Bouilhet. De son côté, l’écrivain rouennais Eugène Noël parle aussi d’école de Rouen, en l’étendant au domaine scientifique. Sur ce terrain, c’est le docteur Félix Pouchet qui est considéré comme le maître. Les deux domaines, littéraires et scientifiques, sont très liés dans cette prétention à faire de Rouen une sorte de capitale pouvant rivaliser avec Paris. La plupart de ces jeunes littérateurs se retrouvent dans L’Opinion nationale, lancé en 1859, où Hector Malot tiendra une rubrique littéraire avant de se cantonner dans le compte rendu de courses hippiques ! Son ami Jules Levallois, quant à lui, y donnera avec persévérance de longues chroniques marquées par l’ambition de prendre les choses de très haut.

Joëlle Robert, L’École de Rouen dans la Revue de Rouen, à partir de 1833 : une École de Rouen avant l’École de Rouen

Dans cette première moitié du xixe siècle, où le nombre de lecteurs s’accroît considérablement, l’effervescence littéraire favorise le développement de l’édition et la naissance de nombreuses revues. La Revue de Rouen naît en 1833 d’un désir de « décentralisation littéraire ». Ce mensuel, dont l’ambition est de rivaliser avec la capitale, publie des articles sur le patrimoine monumental ou folklorique local, mais sait élargir son intérêt à tous les domaines, littéraires, poétiques, historiques ou scientifiques. Le jeune Flaubert, qui admire deux prestigieux collaborateurs de cette revue, E.-H. Langlois et A. Chéruel, est influencé dans ses œuvres de jeunesse par ces publications de la vie intellectuelle.

Christa Delahaye, Madame de Montarcy de Louis Bouilhet (1856): Bouilhet, Flaubert et les quarante Rouennais

La pièce de Louis Bouilhet, Madame de Montarcy, fut l’occasion d’une nouvelle bataille d’Hernani, selon les humoristes de l’époque. Flaubert s’y impliqua beaucoup et fut un fervent « montarcyste ». Il est également intéressant de comparer Madame Bovary et Madame de Montarcy, deux titres qui consonnent tout en portant des esthétiques diamétralement opposées.

Yvan Leclerc, La notion d’École de Rouen dans la réception critique des œuvres de Flaubert

Flaubert se tient à distance de toutes les écoles et de la ville de Rouen. Pourtant, c’est peut-être à lui que l’on doit l’expression « École de Rouen ». On la trouve ensuite dans un article de réception de Madame Bovary, pris dans un sens péjoratif. Flaubert et Bouilhet ne pratiquent pas les mêmes genres littéraires, ils n’écrivent pas la même littérature, mais ils sont liés par une solide amitié, qui justifie cette commune appartenance, résumée par l’origine géographique qui les réunit.

Agnès Thomas-Vidal, « Être de la même coterie » ‒Les mémoires d’un critique du « petit » Levallois (1895)

Le nom de Jules Levallois est oublié, y compris à Rouen, sa ville natale, où l’on ne trouve aucune rue ni établissement scolaire portant son nom, encore moins de statue. Pour quelques érudits seulement il est le « secrétaire de Sainte-Beuve » ou « l’ami d’Hector Malot ». Dans son ouvrage Mémoires d’un critique, milieu de siècle, publié à la fin de sa vie, Jules Levallois évoque son parcours dans le paysage littéraire du xixe siècle. À sa lecture, on réalise que le « petit Levallois »*, comme l’avait baptisé Sainte-Beuve, a côtoyé les plus grands : Hugo, Taine, Sainte-Beuve, Sand, Barbey… et parmi eux, de nombreux Rouennais : Flaubert, Bouilhet, Malot, Chesneau, Noël, Michelet, Pouchet, Heuzey… L’importance et le rôle essentiel qu’a joué ce discret personnage dans l’avènement de ses compatriotes est incontestable et l’on peut aujourd’hui sans conteste le placer à l’épicentre de l’École de Rouen.

* « Le petit Levallois » dont parlait Sainte-Beuve. Article nécrologique de Jules Claretie (1840-1913) en première page du Figaro, le 18 septembre 1903.

Assemblée générale du 19 janvier 2019 : bilan moral de 2018

Assemblée générale de l’association des Amis de Flaubert et de Maupassant,
19 janvier 2019

Rapport moral

Vie de l’association des Amis de Flaubert et de Maupassant pour l’année 2018

Un nouveau conseil d’administration

Lors de l’assemblée générale du 27 janvier 2018, un nouveau conseil d’administration a été élu. On en trouvera la composition au verso de la page de titre de ces Cahiers : quelques arrivants, quelques partants, mais une équipe reconduite pour la majorité de ses membres. Cette assemblée générale a été précédée par une assemblée extraordinaire consacrée à l’adoption de statuts actualisés. Ils sont publiés à la fin de ce volume, tels qu’ils ont été enregistrés en Préfecture de la Seine-Maritime, le 14 mars 2018 : les précédents dataient de la refondation de l’Association, en 1991. Huit jours plus tard, le 3 février, le conseil d’administration fraîchement élu a choisi un nouveau président. Après deux mandats de trois années chacun, Joëlle Robert avait souhaité ne pas se représenter. Yvan Leclerc, désormais à la retraite de l’enseignement, peut consacrer plus de temps à l’Association des Amis de Flaubert et de Maupassant. Il mesure la responsabilité qui sera la sienne pendant les trois années à venir, dans la continuité du travail accompli par Daniel Fauvel, premier président, pendant vingt-et-un ans, de l’Association qu’il a refondée en 1991, et par Joëlle Robert, à partir de 2012. Pendant deux mandats consécutifs, elle a consacré beaucoup de temps à l’Association, en étroite collaboration avec Michèle Santo, pour la faire vivre, lui donner un rayonnement local, national et international, et la diversifier en engageant de nouvelles actions. Le président récemment élu sait qu’il pourra compter sur le soutien de tous les membres du conseil d’administration, dont chacun remplit une mission bien précise, et sur l’attachement des fidèles adhérents. Le mandat de trois années qui s’ouvre est d’autant plus important que l’Association devra préparer la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert, en 2021. Mais que les lecteurs de Maupassant se rassurent : nous n’oublierons pas celui que le calendrier nous a donné l’occasion d’honorer en 1993 et en 2000.

Quatre journées d’études

Chaque année, l’Association consacre plusieurs journées entières à un sujet d’études, avec cinq ou six intervenants. Nous aimons mélanger les voix et les statuts, placer de jeunes chercheurs et chercheuses à côté de personnes expérimentées, inviter des intervenants étrangers, faire alterner des historiens et des littéraires, des spécialistes « pointus » et des connaisseurs des archives locales. Il nous semble que toutes les approches sont bonnes pour parler de nos deux écrivains, normands par leur biographie et universels par leur plume. Nous avons déjà traité de nombreux sujets ; nous tentons de nous renouveler, en saisissant les opportunités des rencontres personnelles, des publications récentes, des événements ou des idées qui sont proposées par les adhérents ou par les membres du conseil d’administration. Chacune de ces journées est placée sous la responsabilité d’un organisateur différent, membre du conseil d’administration ou non. Ainsi, Guy Pessiot s’est chargé, avec un collectionneur et connaisseur passionné, Jean-Christophe Coulot, de la journée consacrée à Eustache-Hyacinthe Langlois (le 24 mars), personnalité attachante, peintre, dessinateur, graveur, archéologue, auteur, ami et portraitiste de la famille Flaubert, de Gustave en particulier, qu’il dessine à l’âge de 9 ans. Le jeune homme ne l’a pas connu longtemps, puisqu’il meurt quand il avait 16 ans, mais il a compté pour lui, par son tempérament et par ses livres sur La Danse des morts, sur les vitraux et sur les Énervés de Jumièges, au point qu’il parle de « la place du père Langlois », dans une lettre à sa mère. Françoise Mobihan a pris la barre de la deuxième journée (le 16 juin), consacrée à Maupassant navigateur, en eau douce mais surtout en pleine mer, à bord de ses deux yachts Bel-Ami. Pour cette rencontre qui a louvoyé entre histoire de la navigation de plaisance, reconstitution virtuelle des sorties en mer, grâce aux techniques informatiques les plus modernes, étude littéraire de Sur l’eau, peinture et musique (un opéra sur ce thème est en cours de préparation), l’auditoire s’était délocalisé dans un lieu approprié : la « Péniche », posée au sec à côté du Musée Maritime de Rouen. Nous sommes attachés au siège historique des Sociétés savantes, l’Hôtel situé rue Beauvoisine, d’autant que nous l’avons inauguré début janvier 2018 après restauration par la Métropole (fauteuils confortables, rideaux neufs qu’on peut enfin ouvrir sur les maisons à colombages, de l’autre côté de la rue…), mais il nous plaît parfois de sortir de ces murs vénérables pour respirer un autre air et transporter nos auteurs dans des lieux inhabituels, à la rencontre possible d’autres publics. La troisième journée a été proposée par Yannick Marec, son groupe de recherche d’histoire à l’université de Rouen, le GRHis, étant en relation avec l’université et le Musée Tourguéniev d’Orel, la ville natale du « Moscove », comme l’appelait Flaubert. 2018 est en effet l’année Tourguéniev, né en 1818. L’occasion était trop belle de réunir les spécialiste de l’auteur (le 6 octobre), dont Alexandre Zviguilsky, président de l’Association des Amis d’Ivan Tourguéniev Pauline Viardot et Maria Malibran, ainsi que deux intervenantes venues de Russie, pour parler de celui qui fut l’ami de Flaubert et de Maupassant, traducteur du premier et introducteur du second dans son pays d’origine. Le 29 juin, une délégation de notre association s’était rendue à Bougival, à l’invitation d’Alexandre Zviguilsky, pour l’inauguration d’une plaque apposée à l’entrée de la villa « La Garenne », où Flaubert a séjourné les 26 et 27 août 1874. La quatrième et dernière journée (le 17 novembre) remplit la fonction indispensable des « Varia » dans toutes les (bonnes) revues, dont la nôtre : offrir aux auditeurs, puis aux lecteurs, le meilleur de la recherche actuelle, des projets et des publications récentes. Entre tous les livres consacrés à nos deux auteurs, nous nous réjouissons de la sortie de l’ouvrage dû à Daniel Fauvel et Hubert Hangard, Fortune et Infortune des Flaubert – Répertoire (Wooz Éditions, 2018), résultat d’une dizaine d’années de recherches dans les fonds d’archives de la Seine-Maritime et d’ailleurs. On y trouve, par ordre chronologique, depuis la naissance d’Achille Cléophas Flobert [sic] en 1784 jusqu’au décès d’Achille Flaubert en 1882, des centaines de références aux documents d’état civil, notariés, judiciaires, fiscaux, qui permettent de suivre par ce fil rouge les événements et les aléas d’une grande famille.

Voyages d’étude

Tantôt en terres flaubertiennes, tantôt en terres maupassantiennes, une année l’autre. L’année dernière, c’était le Palais de Compiègne, où Flaubert fut l’hôte de Napoléon III. Cette année, place à Maupassant. Nous n’avions pas pris le car pour Étretat depuis longtemps. Le voyage (le 14 avril), organisé par Arlette Dubois et Bénédicte Duthion, a été rendu possible par Benoit Reverdy, qui ouvre de nouveau les portes de « La Guillette » aux visiteurs (enchantement du lieu : sa longue allée, la maison cachée par les arbres, le balcon, le vitrail de l’escalier, la caloge à l’arrière…). Grâce à son entremise, les voyageurs en littérature ont pu assister à un spectacle-lecture « Maupassant en toute intimité », par David Delanou, de la compagnie « Maupassant se met en scène », et entrer dans les jardins des Verguies, propriété privée exceptionnellement ouverte pour nous ce jour-là. Émotion de se trouver dans ce jardin où le petit Maupassant a dû gambader. Cet arbre- là, l’a-t-il connu ? Merci à Benoit Reverdy de nous faire toucher au plus près ces lieux de vie et d’inspiration. Autre lieu d’inspiration, et d’écriture : la falaise de Bénouville, à rude pente (on était prévenu : 50 m de montée raide sur le bord de la valleuse ; prière de laisser les escarpins à la maison pour s’équiper de bonnes chaussures de marche), mais la récompense attend tout là-haut : Guy Lemonnier lit par étapes, le long de quatre kilomètres sur fond de mer, l’intégralité de la nouvelle Miss Harriet, dont l’action se passe précisément ici. « Donc, en errant ainsi par ce pays même où nous sommes cette année, j’arrivai un soir au petit village de Bénouville, sur la Falaise, entre Yport et Étretat. » Lecture in situ, comme disent les performeurs des installations artistiques. Et ça fonctionne. On est submergé par la pitié : « pauvres êtres solitaires, errants et tristes des tables d’hôte, pauvres êtres ridicules et lamentables ». On a beau connaître la fin, on la redoute, on la sent venir, on verse une larme, laquelle se confond heureusement avec les gouttes de pluie qui commencent à tomber. Personne n’a vu qu’on est toujours victime de l’illusion créée par la fiction, surtout si le lecteur a cette voix profonde et naturelle qui semble sortir du livre lui-même.

Autre voyage, en plus petit comité : Ouville-la-Rivière (30 juin), où nous accueille la propriétaire du château où Flaubert a passé une dizaine de jours en six séjours, entre 1861 et 1878, chez sa nièce Julie, dite Juliette, la fille de son frère Achille, laquelle avait fait construire la villa « Salammbô », dont le propriétaire nous a également ouvert les portes. Visite à la dernière demeure, avant de repartir : grâce au maire de la commune et à la secrétaire de mairie, nous retrouvons la tombe de Julie Roquigny (1840-1927) et celle de son fils Ernest (1861-1934). Il manque le mari, Adolphe Ernest (1832-1865), qui s’est suicidé dans le château, et leur fille Jenny Louise, morte en bas-âge (1865-1868). Commence alors une petite enquête. Adolphe Ernest résidant à Rouen au moment de son décès, l’idée nous est venue de consulter les registres des cimetières, et d’abord celui du Monumental. La tombe du père et de la fille s’y trouve en effet, juste en dessous de celle de la famille Flaubert, complètement envahie par une végétation qui cachait la pierre. Avec l’aide du jardinier du cimetière, nous avons coupé le saule marceau (dixit le jardinier), le laurier et les buis, qu’on aurait voulu conserver, mais ils étaient malades… C’est aussi notre rôle, dans l’Association, que d’entretenir les tombes de Flaubert, de Maupassant, de leurs proches et de leurs amis, en l’absence d’héritiers…

Lectures

Des lectures comme celle de Miss Harriet, l’Association a pris ce goût, cultivé depuis longtemps déjà pendant la période des journées « Lire en fête », qui ont existé entre 1998 et 2008. Nous maintenons la tradition grâce à plusieurs membres du conseil d’administration, en particulier Gilles Cléroux et Joël Dupressoir, celui-ci participant par ailleurs au cercle de lecture à voix haute de Canteleu, « Le Lire et le Dire ». En prêtant leur voix à Flaubert et à Tourguéniev, ils ont ponctué la journée d’étude du 6 octobre par des lectures d’extraits de la correspondance. Faire entendre les textes dont on ne se lasse pas, voilà aussi l’une de nos missions. Au début de l’année, pour la « Nuit de la lecture » (20 janvier), nos deux lecteurs avaient revêtu la robe blanche du voyageur d’Orient pour lire en alternance des extraits des lettres d’Égypte de Flaubert. Quelques séquences de leur lecture sont disponibles sur la chaîne Youtube de l’Association, par la requête « Association des Amis de Flaubert et de Maupassant ». Des contes et des nouvelles de Maupassant ont été lus lors d’une après-midi (le 18 mai) organisée à l’auditorium des Beaux-Arts par Joëlle Robert, en partenariat avec le GIHP (Groupement pour l’Insertion des personnes handicapées physiques de Normandie). Salle pleine d’adhérents, de parents et d’amis des lecteurs et des lectrices, ferveur, paroles et musique. La lecture aide à vivre, à être ensemble. Belle expérience humaine et littéraire, que nous rééditerons en 2019.

Rencontres à l’Hôtel littéraire Flaubert

La lecture des extraits de lettres du voyage d’Orient a eu lieu à l’Hôtel littéraire Flaubert, situé au 33, rue du Vieux-Palais, à Rouen. Il appartient à la Société des Hôtels littéraires, présidée par Jacques Letertre, lequel a ouvert quatre hôtels littéraires, au gré de ses passions de lecteur et de collectionneur : deux à Paris, consacrés à Proust et à Marcel Aymé, un à Alexandre Vialatte dans la ville de Clermont-Ferrand, et donc un Hôtel littéraire Flaubert, le deuxième du groupe dans l’ordre des ouvertures, en 2015. Nous savons gré à Jacques Letertre, à Delphine Quétel, directrice de cet hôtel et à Hélène Montjean, conseillère littéraire, de nous accueillir régulièrement pour des rencontres avec des auteurs. Dans notre comité d’administration, c’est Joëlle Robert qui est chargée de cette programmation et qui anime les rencontres avec les auteurs. Cette année, ont été invités pour le Dictionnaire Flaubert (Champion, 2017), sa directrice Gisèle Séginger ainsi que des membres du comité scientifique et des auteurs d’articles, dont Norioki Sugaya, Joëlle Robert, Yannick Marec et Yvan Leclerc (le 16 mars) ; Jeanne Bem pour son essai Flaubert, un regard contemporain, Éditions universitaires de Dijon, 2016 (le 23 mars) ; la romancière Catherine Vigourt pour Le Retour de Gustav Flötberg, Gallimard, 2018 (26 mai) et Françoise Mobihan pour Le Paris de Maupassant, Éditions Alexandrines, 2018 (le 15 juin). Dans un décor très littéraire, devant une bibliothèque flaubertienne, entre des murs couverts de reproductions de manuscrits et de dessins représentant des amis du romancier, sous l’œil attentif d’un perroquet empaillé, nous vivons là des moments de grâce, dont certains ont pu être enregistrés par une caméra bénévole, et sont en ligne sur notre chaîne YouTube.

Invitations à la Bibliothèque municipale de Rouen

Parmi nos partenaires fidèles, nous avons plaisir à mentionner la Bibliothèque municipale de Rouen et sa directrice adjointe en charge des fonds patrimoniaux, Anne-Bénédicte Levollant, ainsi que tout le personnel attaché à la conservation. Les participants à la journée Langlois ont pu se pencher sur des documents conservés à la Bibliothèque-Villon, lors d’une exposition organisée à notre intention. Et Virginie Beaunier a su trouver un fil rouge flaubertien pour faire découvrir (le 6 avril), à l’occasion d’une visite réservée à nos membres, l’exposition « Curieux mélange », inventive, ludique et savante.

Rencontres avec le public

Nous avons ainsi de nombreuses occasions de rencontrer nos adhérents. Mais aussi un public plus large lors du Forum des associations de la ville de Rouen (8 septembre), au Quai des livres (16 septembre) ou au Salon des sociétés savantes (13 octobre). Nous y tenons des stands, avec des programmes, nos Cahiers récents et d’anciens bulletins, dont certains remontent à la première association des Amis Flaubert, créée en 1951. Nous discutons à bâtons rompus avec des lecteurs et des non-lecteurs, des lecteurs occasionnels ou compulsifs, d’anciens élèves que l’école a dégoûtés des auteurs classiques, d’autres qui se sont mis à relire sur le tard, et à découvrir ce qu’ils croyaient connaître. Certains détestent Flaubert et adorent Maupassant, ou l’inverse. Il arrive qu’on aime les deux. Alors, on prend un programme, un bulletin d’adhésion. Il arrive même qu’on parte en laissant un chèque d’adhésion.
Bref, autant d’histoires, parfois romanesques, avec les livres. C’est par et pour ce public, curieux, avide, jamais blasé, que nous continuons à exister.